Mon blog se présente à vous...

six jours avant la fête de Noël de l'an de Grâce 2004, ce blog prend sa source dans un article du Figaro du même jour.

d'une simple curiosité, il ambitionne beaucoup plus !

pour vous et pour moi, il nécessite donc une réciprocité et un échange.

Il est : il faut donc maintenant l'élever...........

Vous pouvez contribuer de quelque manière qu'il soit à l'éclat de ce blog (commentaires, idées, photos.......). Faîtes vous plaisir, vous m'en rendrez que plus heureux.

Petit ange.  (rédigé le 20/12/2004)

Mardi 15 avril 2008

version anglo-saxonne d'Excel 

Saisie au clavier (sans les espaces et les +)  
Ctrl + ; Afficher la date
Ctrl + : Afficher l'heure
Ctrl + B Mettre en gras
Ctrl + I Mettre en italique
Ctrl + U Souligner
Ctrl + Z Annuler
Ctrl + S Enregistrer
Ctrl + N Créer un nouveau classeur
Ctrl + F Rechercher
Ctrl + H Remplacer
Ctrl + Y       ou        F4 Réitérer
Ctrl + P Imprimer
Ctrl + A Sélectionner tout
Ctrl + espace Sélectionner la colonne
Shift + espace Sélectionner la ligne
Alt + E + S Collage spécial
Alt + E + S + V + Entrée Collage spécial valeur
Alt + Tab Basculer d'un élément ouvert à un autre
Alt + = Fonction somme
   
   
Ctrl + Shift + 1 Format cellule
Windows + D Afficher le bureau
Ctrl + Shift + flèches directionnelles Sélectionner les cellules d'un bloc
Par Colas9 - Publié dans : Apprendre, découvrir, se cultiver
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 14 mars 2007

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup

Il enrichit ceux qui le reçoivent,
Sans appauvrir ceux qui le donnent.
Il ne dure qu’un instant
Mais son souvenir est parfois éternel.
Personne n’est assez riche pour s’en passer.
Personne n’est assez pauvre pour ne pas le mériter.
Il crée le bonheur au foyer,
Il est le signe sensible de l’amitié.
Un sourire donne du repos à l’être fatigué,
Rend du courage aux plus découragés.
Il ne peut ni s’acheter, ni se prêter, ni se voler.
Car c’est une chose qui n’a de valeur
qu’à partir du moment où elle se donne.
Et si parfois vous rencontrez une personne
qui ne sait plus avoir le sourire
Soyez généreux, donnez lui le vôtre.
Car nul n’a autant besoin d’un sourire
Que celui qui ne peut en donner aux autres.

 

GANDHI

Par Nicolas - Publié dans : colas9
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 5 janvier 2007

Un chef d’oeuvre romantique

Giselle (Gisèle) est né sur la scène du théâtre de l’Académie Royale de Musique le 28 juin 1841. L’œuvre marque l’apogée de la nouvelle esthétique romantique qui agite le monde intellectuel et artistique depuis le début du XIXème siècle et qui a trouvé, dix ans plus tôt dans La Sylphide (1832) sa première incarnation dansée. Dès sa création, le ballet connaît un succès exceptionnel qui le rend rapidement populaire par delà la scène parisienne.

Le ballet, conçu dans un temps record (deux mois) a fait l’objet des attentions de nombreux artistes : Théophile Gautier, écrivain, critique d’art et chroniqueur de ballet, Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges, dramaturge réputé pour ses vaudevilles, Adolphe Adam, compositeur de musiques de ballet et d’opéra, le chorégraphe Jean Coralli, aidé de Jules Perrot. Enfin lui ont donné vie deux interprètes d’exception : Carlotta Grisi et Lucien Petipa.

 

Un ballet en deux actes : narration

L’histoire de Giselle répond parfaitement au goût de l’époque pour le fantastique, l’étrangeté et les émotions fortes, qui caractérisent la société post-révolutionnaire. Le livret, inspiré des légendes germaniques, évoquées par Henrich Heine dans son recueil De l’Allemagne, reflète le principe romantique du mélange des genres. L’opposition entre un univers réaliste, terrestre, et un monde onirique, peuplé d’esprits féminins, structure tout le ballet.

L’histoire commence dans un village, lors des vendanges. Albrecht, prince de Silésie, prend le nom de Loys et se déguise en villageois pour courtiser la belle Giselle. Il rêve à ses côtés d’une vie heureuse, libre et émancipée des conventions sociales, rêve qu’il ne peut partager avec sa fiancée, l’altière et noble Bathilde. Cependant, le garde-chasse Hilarion, également amoureux de Giselle, devine l’identité du prince et le dénonce. La jeune femme découvre alors l’existence de Bathilde. Ce double choc lui fait perdre la raison et la vie.

Le deuxième acte se déroule la nuit dans un cimetière forestier. Les Wilis, fantômes de jeunes filles mortes d’amour avant leurs noces, traquent sans pitié toute présence masculine. Giselle est initiée au rituel de mort par la reine Myrtha. Leur première victime est Hilarion et leur seconde devrait être Albrecht, mais Giselle le sauve par la force de son amour.

Par Petit ange - Publié dans : Apprendre, découvrir, se cultiver
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 24 septembre 2006

Préambule

 

 

 

Plus que d’une rumeur unique, l’histoire de la bête du Gévaudan correspond à vrai dire à un éventail de rumeurs. L’une voulant que la bête soit un loup isolé, l’autre une bête fantastique (Loup-garou), une dernière affirmant qu’il s’agissait de bêtes domptées par un déséquilibré. Chacune d’elle plonge cependant ses racines dans un même terreau : l’atmosphère de terreur et l’influence des mythes (clichés/codes de référence). Par l’action de cette résonance cognitive et des besoins humains vitaux concernant la nécessité de trouver une réponse, aussi absurde soit elle, à l’étonnement général, la rumeur s’est propagée et a germé par le biais de mécanismes de rajout et d’accentuation.

 

Repères :

 

Le Gévaudan: Au XVIIème Siècle, le Gévaudan correspond à notre Lozère actuelle. C’était une région ou la vie était très rude car recouverte de plateaux forestiers accidentés.

Tout commence le 30 juin 1764 lorsque Jeanne Boulet, une jeune fille de 14 ans du village des Hubas est attaquée en plein jour par un animal dans le pâturage où elle gardait un troupeau de vaches. Cet événement marquera le début d'un sanglant carnage où la rumeur et l’apparente réalité se chevauchèrent. Dans toute cette zone, donc, de 1764 à 1767, c'est à dire sous le règne de Louis XV, au temps des Philosophes et des Encyclopédistes, une bête mystérieuse va semer la terreur. Autrement dit, les ténèbres à l'époque des Lumières... A l'époque, les accidents de ce type sont assez fréquents. Mais il s'avère que cet évènement est le premier d'une longue série marquée par plus de trois ans de massacres où l'homme deviendra la proie d'une "bête" malfaisante. En effet, tous les récits de survivants ou de témoins de ces drames désignaient un animal. Mais les blessures, jugées inhabituelles, suggéraient plutôt une "bête" hors du commun. Une centaine de personnes a été recensée comme ayant été victimes de la bête. Ce sont en général des femmes, des jeunes filles et des enfants. La peur grandit encore et la rumeur de la présence d'un monstre dans la région se répand atteignant même les oreilles du roi et de la cour. Le roi en colère, envoya le meilleur tireur du royaume, son propre lieutenant des chasses, Antoine de Beauterne pour mettre fin à ce carnage. Celui ci va abattre un énorme loup au Bois des Chazes le 21 septembre 1765, qui recevra tous les honneurs à Versailles, et quelques primes, la dépouille fut expédiée au Muséum de Paris, mais les meurtres se poursuivirent.

Le 19 juin 1767, Jean Chastel, un homme du pays, tue une bête qui semble être un loup extraordinaire du fait de sa figure et de ses proportions bien différentes des loups environnants. Cette mort met alors un point final à cette affaire qui hante aujourd'hui encore les esprits. Loup, animal sauvage, monstre ou tueur en série, les hypothèses concernant la bête du Gévaudan ont été nombreuses à être évoquées, mais le mystère subsiste toujours.

Après trois ans de carnage, on dénombre 100 victimes et une trentaine de blessés. Parmi ces victimes 79 sont des femmes ou adolescentes et 39 sont des jeunes garçons. Tous ont moins de 16 ans...

 

L’escalade de la rumeur, les faits se mettent en place

 

 

Une affaire qui devait durer plusieurs années et qui fait encore parler d'elle. Les attaques devaient continuer et s'amplifier jusqu'à donner à cette affaire une dimension nationale. La rumeur du loup s’est propagée dans les campagnes alors que l’ensemble des spécialistes s’étant penchés sur la question rejettent l’hypothèse du loup solitaire. Pour quelles raisons cette rumeur a-t-elle eu autant d’échos ?

 

Des faits étranges :

 

- la bête se joue de tous les pièges mais aussi des chasseurs ;

- c’est un animal insaisissable, habile, aimant les défis, intelligent ;

 

- pourquoi une victime sur 10 est-elle décapitée ?

- la bête marque de longues périodes d’absence, où est-elle alors ?

- la bête est insensible aux coups de feu ;

- la plupart du temps, la bête tue par jeu et non pour manger ;

- à plusieurs reprises, un homme inconnu et hirsute aurait été aperçu dans les parages d'une attaque mortelle ; qui était-il ?

- la bête attaque et dévore un enfant en plein cœur d'une battue, quelle audace, quel affront !

- un animal plus petit a parfois été observé auprès de la bête ; était-ce un simple chien ?

 

Des protagonistes encore plus étranges :

 

- Louvetiers: membres du corps de la Louveterie c’est à dire celui qui est chargé par l’État d’organiser et de diriger les battues aux loups et autres animaux sauvages.

- Loup Garou (s’il en est un): Le loup garou est généralement présenté comme une créature humaine extraordinaire, capable de se transformer en loup pour assécher sa soif de sang. Ici, la réalité est encore plus effroyable puisque nous parlerons plutôt d’un psychopathe vêtu de peau de loup.

 

- Jean de Chastel: Homme de main du Marquis d’Apcher, son fils, Antoine de Chastel était un être étrange et solitaire vivant en compagnie d’animaux sauvages dressés. D’après certains auteurs, il ne serrait pas étranger aux massacres commis par la bête et on le soupçonne même de sorcellerie.

- La famille Chastel était des personnages rustres, connus surtout pour avoir fait enliser deux gardes chasse, mais qui n’étaient peut-être pas aussi dépravés que ne l’affirment certains.

 Néanmoins ils ont sans doute joué un rôle important dans l’affaire de la bête. Un pacte a probablement bien eu lieu entre le clan Chastel et Antoine de Beauterne, le meilleur tireur du royaume envoyé par Louis XV qui a abattu un énorme loup et ce pour plusieurs raisons :

- pourquoi ont-ils été libérés après seulement deux mois de prison, alors qu'ils étaient passibles des galères ?

- comment auraient-ils pu conserver leurs fusils après cet incident, alors que la détention d'armes était interdite aux paysans ?

- la chasse fructueuse d'Antoine, et la quarantaine sans attaque qui s'en suivit, démontrent qu'il a eu un arrangement de celle-ci...

Cependant il faut se garder de conclusions hâtives pour les accuser de faits non attestés qui nous conduiraient à de grossières simplifications.

 

Eléments concurrents à la propagation de la rumeur

 

 

La rumeur ! Elle court, elle court la rumeur !

 

"Le seul combat qui vaut vraiment est celui que l’on peut gagner contre soi-même... C’est pour ceux-là que les loups chanteront ce soir..."

 

 

Le contexte :

 

 - La vitesse et l’intensité de cette rumeur peut s’expliquer par l’état d’angoisse permanent et atrophiant dans lequel était plongé le monde paysan local. La vitesse de propagation provient du nécessaire soulagement de ces tensions émotionnelles. 

 

 - Les tensions entre communautés religieuses peuvent aussi expliquer de tels faits. En effet, une des rares constantes était qu’aucun homme adulte n’en avait été victime et qu’elles avaient eu toutes pour cible des catholiques dans une région ou les tensions étaient très fortes entre ceux ci et les huguenots protestants, très minoritaires. On peut aller plus loin et imaginer que les Chastel, manipulés par les Huguenots, auraient lancé leurs bêtes sur des Catholiques exclusivement : il pourrait s’agir des derniers restes des luttes entre Protestants et Catholiques, longtemps féroces dans la région. Ne dit on pas que l’homme est un loup pour l’homme...

 

Une mise en scène spectaculaire :

 

- le ventre est fouillé, le flanc ouvert, la peau du crâne arraché et en partie rabattue sur le visage, les cadavres sont en lambeaux, le sang sucé ; le cœur, le foie et les intestins emportés.

- l’apparence de l’animal : cet animal a la taille d'un veau d'un an. Son ventre est blanc, le reste de la robe roux, avec une longue raie noire sur le dos et une queue touffue. Il s’agit à l’évidence d’un animal fantastique, à la nature morphologique inhabituelle.

- des détails curieux (décapitation, ...cf. des faits étranges).

 

L'atmosphère de terreur :

 

- des faits étranges

- des protagonistes encore plus étranges => nécessaire diabolisation du coupable

- la présence ininterrompue du mystère

 

Des mécanismes propres à la rumeur :

 

 - le rajout et l’accentuation : au fur et à mesure des massacres, de nouveaux témoignages et éléments viennent alimenter la rumeur en permettant à chacun de rajouter des détails. Ce faisant, chacun répond au besoin de cohérence, de causalité inhérent à toute rumeur. On s’invente des histoires, on accentue certains détails annexes par souci de cohérence et de

- l’enchaînement des phases d’interrogation, d’inquiétude, de peur et de panique a été extrêmement rapide dans le cas de la rumeur de la bête du Gévaudan.

-  le loup est un sujet à très mauvaise réputation et notamment chez les bergers du Gévaudan. Or, les faits sont assurément très négatifs. Ainsi, par voie de conséquence, la probabilité de transmission de la rumeur est très importante car les gens ont l’impression de confirmer leur croyance (souci de cohérence). Le loup fait office de parfait exutoire, de parfait bouc émissaire.

 

Les différentes thèses explicatives

 

 

- Une première met en scène les loups

- Une autre, un animal dressé doublé d'un malade. Les témoignages de l'époque parfois contradictoires, parfois nuancés, les descriptions insuffisantes, l'absence d'autopsie rendent difficile un travail de reconstitution des faits.

- La croyance populaire attribue la totalité des tueries à un ou plusieurs loups solitaires, mais de nombreux auteurs sont partisans d’une tout autre thèse. Tous ceux qui se sont penchés sérieusement sur l’affaire ne sont sûrs que d’une chose: la thèse du loup solitaire est en réalité la moins probable de toutes. En effet, contrairement à une opinion bien répandue, les loups solitaires n’attaquent l’homme que très rarement et uniquement en état de famine, ce qui n’était absolument pas le cas à l’époque. De plus, les loups ne décapitent jamais leur proies or, de nombreux cas de décapitation ont été relevés. Le mystère s’épaissit.

- La thèse d'une affaire criminelle, déjà avancée par des historiens perspicaces, prenait au contraire un nouveau relief. Plus exactement, deux phases paraissaient se dessiner. D'abord, les crimes auraient été commis par un assassin solitaire, véritable loup-garou, sorte de Jack l'Eventreur du XVIIIème siècle. Ensuite, serait entrée en action l'étrange famille Chastel, agissant par animaux interposés, de redoutables molosses et surtout des hybrides de chiens et de loups.

- Certains avance la thèse de l’ours ou du grand singe échappé d’une ménagerie pour expliquer la manière dont la peau du visage est parfois arrachées mais cette explication ne recouvre qu’une infime partie des agressions. Une des rares constantes était qu’aucun homme adulte n’en avait été victime et qu’elles avaient eu toutes pour cible des catholiques dans une région ou les tensions étaient très fortes entre ceux ci et les huguenots protestants, très minoritaires.

 

Pistes de solution

 

 

- une réflexion sur les modes opératoires et les techniques de chasse des loups auraient pu désamorcer la rumeur du loup solitaire. Comme la rumeur appelle obligatoirement les commentaires, le dialogue et l’information orale ou écrite sur la nécessaire disculpation du loup auraient pu aider à désactiver cette rumeur. Celle-ci semant le doute, il est capital de mobiliser le discernement de chacun et notamment des plus érudits sur la question (naturalistes...).

- à l’instar de Bruno Rousset (PDG du groupe April), on peut pensé que le démenti direct n’aurait eu aucun impact sur le désamorçage de la rumeur dans la mesure même où cette dernière s’enracine dans le doute, le vague et les divagations de chacun. Il fallait au contraire prouver dans les faits que cette rumeur était infondée et surtout absurde.

- au regard de la longévité et la ténacité de cette rumeur, la solution de la laisser s’éteindre d’elle-même s’est avérée inefficace.

 

Sources

 

 

Sites Internet :

 

 

http://fr.wikipedia.org

http://www.loupsdugevaudan.com 

http://www.loup.org

http://perso.wanadoo.fr/scream38

http://www.mythes-et-legendes.net

 

Film :                       Le pacte des loups / Christophe Gans / 2001

Livre :                      La bête du Gévaudan / François Fabre / édité par Jean Richard

 

Par Nicolas - Publié dans : Apprendre, découvrir, se cultiver
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 13 septembre 2006

Préambule

Ne nous y trompons pas, la dénomination ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. L’expression travaux forcés, plus guère usitée de nos jours, renvoie à l’heure actuelle aux travaux d’utilité publique. Ne nous laissons pas impressionner par la force des mots et considérons l’acceptation contemporaine. Toujours est il qu’il s’agit de la même chose, en l’occurrence, d’un travail contraint exercé pour le profit de la collectivité et encadré par les services étatiques compétents.

Rapide historique : La condamnation des criminels aux travaux forcés remonte au XIVe siècle, lorsque le roi Charles IV y vit un moyen de pallier le manque de bras pour faire avancer ses galères. Les condamnations aux travaux forcés étaient définies par la loi du 30 mai 1854 (1), par le décret du 17 juin 1938 (2). Une ordonnance du 23 décembre 1958 (3) a cependant abrogée la loi du 30 mai 1854.
On retrouve la condamnation à une peine de travaux forcés à temps dans l’article 51 (plus en vigueur) du code disciplinaire et pénal de la marine marchande (4) ou encore pendant les années de guerre (5).
Bien souvent les peines de travaux forcés ont été remplacées depuis par la réclusion criminelle (6).

Véritable panacée pour un État n'hésitant pas à inciter les juges à prononcer de longues peines, elle fut ensuite substituée par le bagne, lorsque cessèrent de voguer les galères et qu'il fallut « occuper » autrement les forçats...

1) Des travaux légitimes

L’indiscutable finalité réparatrice

Dans le cas d’entraves au bon fonctionnement de l’Etat dans l’une de ses fonctions désignées (ordre public, sécurité, justice, entretien et construction d’infrastructures publiques, service public...), il ne fait nul doute que l’Etat subit un acte isolé au préjudice de la majorité ou d’une minorité innocente dont il est responsable (sécurité, liberté). Or, cet acte, constituant une atteinte à l’autorité prouvée légitime de l’Etat lors des élections démocratiques, doit être l’objet d’une exigence de réparation de la part des personnes incriminées. En effet, dégradation entraîne naturellement réparation. Le tort se soldant au compte de l’Etat, il est en droit d’exiger une réparation pour les dommages subits.


La légitimité de la sanction

Là où il y a préjudice, il y a réparation. Or, dans le cas précis des travaux forcés, la réparation est une sanction éducative et formatrice. En effet, en vertu de l’article 1382 du Code Civil, « tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer» . Facilement applicable à l’Etat, cet article énonce en réalité les fondements d’une décision juridique juste. On ne peut causer du tort en toute impunité et en conséquence, la sanction à finalité réparatrice s’avère profondément légitime.

2) Les vertus des travaux forcés

L’irréfutable utilité des travaux réalisés

De tous les temps, l’Etat a eu des tâches à sous-traiter par les hommes, tâches réalisées dans le souci d’améliorer le quotidien des citoyens. Qu’il s’agisse d’infrastructures ou de nettoyage, ces missions ponctuelles avaient pour objectif de créer un environnement propice au développement des cités et des zones rurales. C’est ainsi que le maillage routier ou ferroviaire a permis d’améliorer l’aménagement du territoire en facilitant la circulation des hommes et des marchandises. Or, nul ne peut contester l’utilité des travaux réalisés sans s’opposer au principe fondamental de biens collectifs et au prima du collectif sur le particulier.
Il serait vain et ridicule d’oublier de citer les aspects financiers de la question. Utiles, les travaux d’utilité publique sont aussi économiques. Inévitablement, sous-traiter gratuitement, mais dans un esprit de justice, des tâches relevant des responsabilités de l’Etat, permet de réduire les dépenses publiques. La rentabilité de ses travaux doit aussi permettre de rembourser à l’Etat tous les frais engagés conséquemment aux délits.
A l’heure où notre déficit public dérape, il serait dommage de s’en priver! Au bout du compte, les travaux forcés allieraient ainsi utilité sociale et financière à une finalité intégratrice et formatrice.

Un effet positif sur l’individu

A ceux qui affirmeraient que les travaux forcés sont inhumains, indignes pour le pays des Droits de l’Homme, je répondrais par deux vérités.
Premièrement, les travaux forcés jouent un rôle dans le processus intégrateur. En effet, l’individu travaille pour son pays et pour ses frères. Il prend conscience des dommages qu’il fait subir et, conjugué à un encadrement civique, les travaux forcés deviennent l’endroit même de la découverte des valeurs qui guident notre pays :égalité, fraternité, respect, travail. Deuxièmement, au contact des autres, un esprit d’équipe et une solidarité dans l’adversité sont susceptibles de se former. La peine commune et la compréhension des raisons de ces travaux forcés sont par conséquent un moyen d’intégration des valeurs humaines et nationales.
Les travaux forcés peuvent également être un lieu d’observation pour des recruteurs notamment dans le bâtiment, dans les services de sécurité par exemple. Ainsi, ces travaux peuvent être un outil de réinsertion sociale et un moyen de former les individus à certaines professions.
L’instruction, la prise de conscience, la formation et l’éducation constituent dès lors les vertus des travaux forcés dont le but initial était pourtant celui de la sanction réparatrice.
En somme, comme Jacques-Guy Petit l’explique dans l’Histoire des galères, bagnes et prisons, ouvrage paru en 1991 et constituant une introduction à l’histoire pénale de la France, les travaux forcés comportaient un rôle éducatif, ils étaient importants pour la réinsertion sociale et complémentaires avec les entreprises libres.

3) Quels travaux forcés ?

Un nouveau contexte

Fini les galères, fini le bagne. Les travaux d’utilité publique doivent répondre aux enjeux contemporains. Autre originalité, ces travaux peuvent s’exercer dans deux cadres bien différents. Il est ainsi possible d’imaginer l’instauration de travaux d’utilité publique parallèlement à des peines d’emprisonnement. Dans une optique différente, des travaux forcés peuvent être exigés sans emprisonnement. L’exemple type est celui du jeune adulte déviant pour lequel on espère une réinsertion professionnelle et/ou sociale. Ainsi, sous certaines circonstances, il serait envisageable de transformer certaines amendes ou contraventions financières en obligation de réaliser certains travaux d’intérêt public.

De nouvelles tâches

La nature des tâches demandées est à lier avec le contexte des exactions. Ainsi, un chauffard pourrait être condamné à exécuter des missions dans le cadre d’opération de prévention. Toute absence étant à sanctionner avec une grande sévérité (amende, incarcération). En somme, les travaux d’utilité publique doivent continuellement s’attacher à éduquer en combinant sanction et découverte. La pertinence et le bien-fondé des travaux exigés constituent les fondements mêmes de la légitimité des travaux forcés, légitimité nécessaire et reconnue par le condamné, gage même de succès.


Conclusion

Démodés, dépassés, inhumains, indignes, inutiles, condamnables, les travaux forcés ne trouvent aujourd’hui aucune légitimité chez certains. Cependant, nous venons de le voir, chacune de ces traditionnelles et trop faciles accusations sont bien souvent infondées. Le temps du bagne, des galères est révolu. Trop nombreux sont ceux qui se méprisent. A l’évidence, les travaux forcés du XXIème siècle, réhabilités depuis par leur nouvelle désignation, arboreront un visage humain et contemporain. Quant à l’utilité de ces travaux, elles n’est plus à démontrer. Loin d’être indignes, les travaux d’utilité publique confère à notre nation le pouvoir de rendre certains de nos compatriotes plus dignes d’eux-mêmes et de leur patrie en les éduquant et surtout en leur donnant une chance de se racheter. De toute façon, certains ont déjà fait remarquer avec humour la nouvelle forme des travaux forcés dans les propos de Gerhard Schröder lors de sa déclaration de politique générale (14/03/03) : « À l’avenir, personne n’aura le droit de vivre aux dépens de la communauté. Quiconque refusera un travail raisonnable devra s’attendre à des sanctions. »




(1) Loi du 30 mai 1854
Elle sera subie dans des établissements sur le territoire d’une ou de plusieurs possessions françaises autres que l’Algérie.

Art. 2: Les condamnés seront employés aux travaux les plus pénibles de la colonisation. Les femmes séparées des hommes seront employées à des travaux en rapport avec leur âge et leur sexe.

Pas de peines de travaux forcés à perpétuité pour les individus de plus de 60 ans (réclusion).

(2) Décret du 17 juin 1938
Relatif au bagne

La peine de travaux forcés est subie dans une maison de force avec obligation au travail et assujettissement à une épreuve d’isolement cellulaire de jour et de nuit.
La libération conditionnelle ne s’applique pas à la peine des travaux forcés.

(3) Ordonnance 58-1296 23 Décembre 1958

Ordonnance modifiant et complétant le Code de procédure pénale
Sont abrogées toutes les dispositions contraires à la présente ordonnance, et notamment :
La loi du 30 mai 1854 sur l'exécution de la peine des travaux forcés.

(4) Article 51 Modifié
Créé par Loi du 17 décembre 1926 (JORF 19 décembre 1926).
N'est plus en vigueur depuis le 1 Mars 1994

Titre III : Des infractions maritimes.
Chapitre III : Infractions touchant la police intérieure du navire.

Toute personne embarquée qui altère volontairement les vivres, boissons ou autres objets de consommation par le mélange de substances non malfaisantes est punie d'un emprisonnement de six jours à six mois.
S'il y a eu emploi de substances malfaisantes, la peine est de deux à cinq ans d'emprisonnement. S'il en est résulté pour une ou plusieurs personnes une maladie grave, la peine est celle de la réclusion ; s'il en est résulté la mort sans intention de la donner, la peine est celle des travaux forcés à temps.

(5) Loi du 12 janvier 1943 (abrogée)
Circulation, civil, 2ème Guerre Mondiale, Guerre 1939-1945

Punit de réclusion quiconque aura, en vue de gêner la circulation ou de provoquer un accident, place sur une voie publique pour mettre obstacle à la marche des véhicules (s’il y a homicide, le coupable sera puni de mort, s’il y a blessure, il sera puni d’une peine de travaux forcés à temps).

(6) Un exemple est celui de l’ordonnance 91-245 du 25 Février 1991

Ordonnance portant extension et adaptation à Mayotte du code pénal ainsi que de certaines dispositions de droit pénal et de procédure pénale.
Dans toutes les dispositions législatives applicables dans la collectivité territoriale de Mayotte, les mots énumérés ci-dessous sont respectivement remplacés par les mots suivants :
- " les travaux forcés à perpétuité " par " la réclusion criminelle à perpétuité "
- " les travaux forcés à temps " par " la réclusion criminelle à temps de dix à vingt ans "

source :

 

Par Petit ange - Publié dans : Apprendre, découvrir, se cultiver
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Publicité

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Mes mots

Se cultiver, s'évader, apprendre, découvrir, s'étonner : c'est l'objet de ce blog. Toute suggestion est la bienvenue... Aidez moi !!  Le blogger local. 

 

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus